Phyllis Lambert

Phyllis Lambert, M.S. Arch., OAQ, FIRAC, est directeur fondateur et président du Conseil des fiduciaires du Centre Canadien d’Architecture (CCA) à Montréal, le plus important centre international de recherche et musée d’architecture. Fondé en 1979 par Mme Lambert, le CCA est un établissement culturel avant-gardiste dont la mission consiste à sensibiliser le public au rôle de l’architecture dans la société, à promouvoir la recherche de haut niveau dans ce domaine et à favoriser l’innovation dans la pratique du design.

Mme Lambert a marqué l’histoire de l’architecture alors qu’elle était directeur de la planification pour le Seagram Building (1954-1958) à New York. Elle est, depuis, reconnue au sein de la communauté internationale pour sa contribution à l’avancement de l’architecture contemporaine et pour sa défense des aspects sociaux de la conservation du patrimoine urbain ainsi que de la dimension publique de l’architecture. Activement engagée dans la conservation du patrimoine et du tissu urbain, Mme Lambert a fondé Héritage Montréal, en 1975. Quatre ans plus tard, elle a joué un rôle déterminant dans la création de la Société d’amélioration de Milton-Parc, projet de rénovation d’habitation coopératif le plus important au Canada. En 1996, elle a créé le Fonds d’investissement de Montréal (FIM), le seul fonds privé au Canada qui vise à la revitalisation des quartiers défavorisés en rénovant les bâtiments résidentiels. De 1984 à 2007, Mme Lambert était membre du conseil d’administration de la Société du Vieux-Port de Montréal. Aujourd’hui elle participe à la revitalisation du centre-ville Ouest par l’entremise de la Table de concertation du centre-ville Ouest, regroupement dont elle a pris l’initiative en 2005. Phyllis Lambert prolonge avec l’Institut de politiques alternatives de Montréal (IPAM) qu’elle préside, son engagement actif envers la ville et son façonnement. Laboratoire d’idées indépendant (« think tank »), l’Institut a pour mission de contribuer à long terme à la planification urbaine viable de Montréal, à son développement économique et durable ainsi qu’à la démocratie locale.

Phyllis Lambert est l’auteur de plusieurs publications sur la photographie et l’architecture, l’aménagement paysager et les jardins, l’histoire de Montréal, de même que sur des architectes de renom. Sa contribution à des projets de recherche en architecture et son engagement dans l’activisme urbain lui ont valu de nombreuses distinctions et récompenses. Elle est titulaire de doctorats honorifiques de vingt-sept universités d’Amérique du Nord et de l’Europe. Parmi ses nombreux récompenses citons le prix Gérard-Morisset; le Hadrien du World Monuments Fund; le prix d’excellence de l’Opération patrimoine architectural, de la ville de Montréal et Héritage Montréal; le Pillar of New York, du Preservation League of New York; le prix Woodrow Wilson for Public Service; et le prix Jane Jacobs 2008 de l’Institut urbain du Canada, Toronto, pour l’ensemble de ses réalisations.

Phyllis Lambert est titulaire des plus hautes distinctions civiles au Canada, soit Compagnon de l’Ordre du Canada et Grand Officier de l’Ordre national du Québec. La France l’a élevée au titre de Commandeur dans l’Ordre des Arts et des Lettres, et l’Assemblée parlementaire de la Francophonie l’a nommée Chevalier de l’Ordre de la Pléiade. Mme Lambert est aussi Honorary Fellow du Royal Institute of British Architects et du American Institute of Architects, et Fellow de la Society of Architectural Historians.

Dimitri Roussopoulos

A fait des études en sciences politiques et économiques dans plusieurs universités montréalaises et des études supérieures en économie à la London School of Economics and Political Sciences. Auteur prolifique, il a publié plus de 15 livres, depuis The Case or Participatory Democracy (1970) jusqu’à The Rise of Cities (2012).

Reconnu en tant qu’auteur, éditeur, conférencier et organisateur communautaire engagé, Dimitri Roussopoulos a été à l’origine de plusieurs projets innovateurs à Montréal et dans d’autres régions.

A été président du conseil d’administration du University Settlement, qui devint par la suite le Centre multiethnique de la rue St-Urbain. Au cours de ses deux années de présidence, le University Settlement a mis sur pied une coopérative de crédit locale, la première coopérative d’habitation sans but lucratif dans le Plateau Mont-Royal ainsi qu’une bibliothèque de quartier ouverte à tous et il a inauguré le premier « jardin sur un toit » dans les années 1960.

Actif à l’intérieur du Comité de citoyens de Milton Parc, à partir de ses origines en 1968 jusqu’à présent. A cofondé le plus important complexe d’habitation coopératif au Canada, l’ensemble Milton Parc, qui poursuit toujours sa mission grâce à l’établissement d’une réserve foncière freinant la spéculation dans ce secteur qui s’étend sur six pâtés de maisons.

A également présidé la Société de développement Milton Parc, un organisme sans but lucratif en gestion immobilière qui administre dix entreprises commerciales à l’intérieur du complexe Milton Parc au centre-ville de Montréal.

En 1996, il crée le Centre d’écologie urbaine de Montréal (CEUM), conjointement avec d’autres militants communautaires, dans la foulée du développement du complexe d’habitation coopératif Milton Parc au centre-ville, et il en occupe la présidence jusqu’en 2006. Parallèlement, il publie le journal communautaire de l’organisme, Place Publique, et ce, pendant dix ans. Depuis sa fondation, le CEUM fait oeuvre de pionnier en amorçant plusieurs initiatives visant à promouvoir la participation citoyenne et la prise de décision collective autour d’enjeux tels que les budgets participatifs à l’échelle des arrondissements, la démocratie participative sur la scène municipale et la mise en place de programmes de développement durable dans les quartiers. La somme de ces efforts se conjugue dans l’élaboration d’un Agenda citoyen pour le changement social.

A co-rédigé la première étude d’envergure sur la démocratie participative à Montréal, commanditée par le conseil d’arrondissement du Plateau Mont-Royal. Il en résulta plusieurs réformes d’importance sur le plan démocratique qui rendirent accessible le processus de prise de décision aux citoyens habitant le Plateau Mont-Royal. Le rapport « Vers la démocratie participative » a été déposé au conseil d’arrondissement en 2003.

Copréside le comité du budget participatif du Plateau Mont-Royal, un sous-comité de la table de quartier, Action Solidarité Grand Plateau. Le budget participatif du Plateau a été expérimenté en 2006, 2007 et 2008.

A été cofondateur du Premier Sommet citoyen sur l’avenir de Montréal en juin 2000 et a joué un rôle déterminant dans l’organisation des quatre sommets citoyens subséquents. Le plus récent, le 5e Sommet citoyen, a attiré plus de 1 000 participants au cours d’une fin de semaine, les 5-6-7 juin 2009.

Depuis huit ans, il assume la présidence du Chantier sur la démocratie de la Ville de Montréal, un groupe de travail formé de représentants de la société civile et de quelques fonctionnaires. Ce groupe est à l’origine d’un certain nombre d’importantes réformes municipales, notamment l’adoption de la Charte des droits et responsabilités, qui a obtenu une reconnaissance internationale et est citée en exemple par l’UNESCO, l’élaboration d’une politique énonçant les directives à suivre lors des consultations publiques menées par les instances municipales, telles que les commissions permanentes du conseil municipal, et l’initiative citoyenne, un outil démocratique innovateur offrant aux citoyens la possibilité de déclencher des consultations publiques sur des questions touchant leur arrondissement ou la municipalité dans son ensemble. Il aspire en outre à amener des changements dans le système électoral et à mettre en place une agence permanente dont la mission serait de promouvoir l’engagement civique et l’exercice accru de la démocratie municipale.

Dinu Bumbaru

Diplômé en architecture de l’Université de Montréal et en conservation de celle de York en Angleterre, Dinu Bumbaru est directeur des politiques d’Héritage Montréal.

Cet organisme indépendant a été fondé par des Montréalais en 1975 pour encourager la protection du patrimoine historique, architectural, naturel et culturel de la métropole en favorisant la connaissance, la participation et un modèle de développement urbain qui reconnaisse l’intérêt collectif de l’espace urbain et la responsabilité individuelle et commune d’y contribuer. Il y travaille depuis 1982 et a participé à de nombreuses activités, conférences, formations et interventions sur des enjeux de patrimoine et d’urbanisme. Il est aussi membre de différents comités; par exemple, le Conseil d’administration de Culture Montréal, le CCU d’Outremont, le jury des Prix Orange et Citron de Sauvons Montréal, le Comité de concertation des Amis de la montagne ou le Comité Patrimoine de la Fédération des sociétés d’histoire du Québec. Il fut un des corédacteurs de la Déclaration québécoise du patrimoine adoptée en 2000.

Dinu Bumbaru complète son action montréalaise par une participation active à l’ICOMOS — le Conseil international des monuments et des sites, un organisme non-gouvernemental qui réunit des professionnels de près de 150 pays et conseille l’UNESCO sur les questions de patrimoine. Il s’intéresse notamment aux situations d’urgence, à la participation publique et au patrimoine récent. Il a participé à des missions en zones de guerre (Dubrovnik) ou sinistrées (Kobe, Bam) et a contribué au rapprochement des mondes du patrimoine immobilier, muséal, archivistique et documentaire. Membre du Comité exécutif international depuis 1993, il a été élu Secrétaire Général en 2002. En 2008, l’ICOMOS a tenu sa 16e assemblée à Québec sous le thème de la recherche du génie du lieu.

Un des fondateurs du programme de l’Université de Montréal en conservation de l’environnement bâti — le premier au Canada, Dinu Bumbaru offre aussi des cours et conférences, ici et ailleurs.